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QUELLE SOCIETE FRANCAISE : EGOISMES OU NOUVELLE SOLIDARITE ?

 

QUELLE SOCIETE FRANCAISE : EGOISMES  OU NOUVELLE SOLIDARITE ?

 

Ils sont tous là voulant imposer leur loi aux autres.

 

Ecologistes, communistes, socialistes, centristes, droitistes ou sarkozystes, frontistes ou extrémistes de gauche ou de droite.

 

Ils se rebellent en rangs serrés : footballers nantis ou chômeurs largués, bretons défendant leurs porcs ou céréaliers délaissés par l’Europe, imposés à 75% ou assommés par un Etat envahissant et dépensier.

 

Notre société ne sait plus que faire de ses jeunes et ploie sous le poids des retraites. L’égoïsme est vent debout et il secoue avec la force d’un typhon un pouvoir pourtant tout neuf.

 

Chaque catégorie sociale se replie sur ses particularismes et impute la cause de ses malheurs ou de ses insatisfactions aux autres. Nous sommes entrés dans une phase de dissociation du tissu national alors qu’il faudrait , tout au contraire, se serrer les coudes et renforcer les solidarités pour retrouver des issues à la situation actuelle. Les portes de l’avenir se cadenassent les unes après les autres à l’image de ces usines fermées par leurs propriétaires qui abandonnent les employés à leur détresse.

 

Les solutions proposées jusqu’ici relèvent du bricolage économique. Pour certains c’est l’euro fort qui tue notre appareil économique et ils proposent de sortir de la monnaie commune pour pratiquer, comme naguère, des dévaluations de facilité. D’autres rêvent de fermer les frontières pour défendre les productions nationales oubliant que nous exportons nos airbus et  nos tgv, nos vins et autres produits agricoles. Les partisans de la fuite en avant attendent la sortie de la crise croyant avoir affaire à un tunnel alors que nous sommes dans une impasse. Pendant ce temps-là la France régresse et pèse de moins en moins lourd dans la galaxie des nations.

 

·

Les Français ne se retrouvent pas dans cet univers en perdition et ils ont perdu confiance dans leur élite qui parait avoir égaré sa boussole.

 

L’explication est pourtant simple : si la crise se manifeste sur le plan économique, ses causes relèvent d’un tout autre ordre : elles participent  d’une psychologie collective.L’ère d’abondance que nous avons connue a favorisé la montée de l’individualisme. Chacun pour soi et l’Etat pour tous, telle parait être la devise collective. Chacun d’entre nous est devenu schizophrénique.  Nous voulons payer moins d’impôts mais nous souhaitons en même temps plus d’hôpitaux, d’écoles et d’allocations. Nous nous rebellons contre les policiers et le gendarmes, nous  détruisons les radars et nous voulons plus de sécurité. Nous sommes tentés de rejeter nos immigrés mais nous ne sommes pas capables de faire fonctionner notre économie sans eux.

 

Dès lors nous sommes devenus inaptes à  reconstruire une nation moderne et compétitive. Car il nous faut des changements majeurs dans notre société.

 

Mettre à plat les  structures de notre Etat et trancher les branches mortes, réorganiser nos structures territoriales en dynamitant les bureaucraties locales qui ont confisqué la décentralisation à leur profit, refondre nos systèmes de solidarité et d’assistance en restaurant les responsabilités individuelles, redonner la liberté aux créateurs et aux entrepreneurs pour que l’économie enfermée jusqu’ici dans un corset soit à nouveau libre de respirer, valoriser le travail et mieux respecter ceux qui préfèrent l‘action à la contemplation

 

Dans notre société bloquée, un tel programme relève de l’utopie parce qu’il exige une nouvelle solidarité nationale allant au-delà des clivages partisans actuels. Sans une adhésion massive, des réformes aussi importantes ne peuvent voir le jour. Les urgences sont pourtant là à notre porte.

 

Il n’existe que deux voies possibles pour sortir de l’impasse.

 

La première est la régression : continuer à nous replier sur nous-mêmes et à nous isoler dans nos égoïsmes

 

La seconde est celle du progrès : une union de toutes les forces vives de la Nation pour rebâtir une nouvelle société moderne et prospère.

 

Charles Debbasch

 

Charles Debbasch a publié (en collaboration avec J.M. Pontier) LA SOCIETE FRANCAISE ARMAND COLIN 4e édition 1063 pages couronné par l’Académie des sciences morales et politiques

 

 

 

 

 

 

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