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LE DESORDRE CENTRAFRICAIN

 CENTRAFRIQUE

 

La République centrafricaine est « au bord du génocide », a estimé Laurent Fabius,  le jeudi 21 novembre sur France 2. « C’est le désordre absolu », a précisé le ministre des Affaires étrangères français, ajoutant qu’il fallait agir vite. Dans le même sens, le département d’Etat américain estime que l’on est dans une situation pré génocidaire.

Il est vrai que, depuis que la Séléka -un mouvement disparate et désordonné- a pris le pouvoir à Bangui, la situation est devenue confuse et dangereuse. Des chefs de guerre autoproclamés pillent, volent et violent et le président issu de cette rébellion est incapable de contrôler la situation. Il n’y a plus d’Etat en  Centrafrique.

Mise sur pied par l’Union africaine, la mission internationale de soutien à la Centrafrique (Muisca), en cours de déploiement, manque de matériels et de moyens financiers.

L’intervention  de la communauté internationale et particulièrement celle de la France sont souhaitées. Mais la France, fidèle à sa nouvelle doctrine, ne souhaite intervenir  qu’avec un mandat de la communauté internationale et celle-ci hésite à prendre en charge une nouvelle opération de maintien de la Paix.

La France dispose de nombreux atouts pour une intervention. Elle connait particulièrement bien le terrain de son ancienne colonie. Elle y dispose d’un contingent de 450 hommes qui pourrait être renforcé avec des soldats prepositionnés dans les Etats voisins.

Dans un rapport au Conseil de sécurité, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon préconise l’envoi au plus vite de « 6.000 Casques bleus » supplémentaires. Même si les membres du Conseil de Sécurité hésitent à mettre oeuvre des moyens aussi importants, il est probable que la France et l’Union africaine se verront confier le soin de conduire une mission de maintien de la paix.

Cette situation en Centrafrique appelle plusieurs observations.

Il convient de se poser la question de l’implication française dans la crise. Naguère on reprochait à la Frances son interventionnisme africain et ses opérations militaires. Voici qu’aujourd’hui on lui ferait un reproche inverse – celui de n’être pas intervenue pour éviter que ne se délite le pouvoir à Bangui- et qu’on lui demande d’intervenir militairement dans ce pays sous une nouvelle bannière onusienne. Il reste qu’il aurait été préférable d’intervenir plus tôt. Or  la communauté internationale est lente à se mettre en mouvement. La France dispose seule des moyens d’action rapides et adaptés aux circonstances.

La seconde observation porte sur le but d’une telle action. Rétablir l’ordre sans doute mais comment le faire alors qu‘il n’existe plus de structures étatiques. La France va donc devoir mettre les mains dans le cambouis politique centrafricain. Ne lui reprochera-t-on pas à ce moment là  d’en faire de nouveau trop alors que, dans l’anarchie actuelle, on serait tenté de mettre à son débit le fait de n’en avoir  pas fait assez.

C’est dire que la future action franco-onusienne s’annonce délicate et risquée. Elle est pourtant  indispensable.

Charles Debbasch

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