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LE SCRUTIN LEGISLATIF DE TOUS LES RECORDS

RECORD D’ABSTENTIONS

Ce dimanche 11 juin 2017 les abstentions se sont situées à un niveau record : 51,29 % des électeurs se sont abstenus, un chiffre inédit dans l’histoire.
Jamais sous la Ve République les électeurs ne se sont aussi peu mobilisés pour le premier tour des élections législatives. Ce 11 mai le taux d’abstention représente près de 8 points de plus par rapport au premier tour des élections législatives de 2012 (42,8%). et 29 points de plus par rapport au premier tour de l’élection présidentielle (22,2)
Ces nombreuses abstentions s’expliquent par la chronologie électorale.
Les présidentielles ont précédé les législatives. Les électeurs ont considéré que les jeux étaient faits et ils n’ont pas jugé nécessaire de se déplacer pour conforter leur choix présidentiel. Par ailleurs, le profond renouvellement des candidatures, l’absence de notoriété des candidats et leur grand nombre ont troublé les votants qui ont préféré attendre la décantation du premier tour avant de se prononcer.
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LE SUCCES RECORD DE LA REPUBLIQUE EN MARCHE
Le parti d’Emmanuel Macron a recueilli 32,32% des voix au premier tour des élections législatives. Ce score devrait permettre au parti présidentiel de disposer de plus de 400 sièges à l’assemblée nationale
C’est un succès considérable pour le nouveau président ;
La réussite de son mouvement dynamite les autres forces politiques. Le parti socialiste connait un échec historique. La gauche émiettée n’est plus en situation de dicter sa loi. La droite ne se porte pas mieux. Elle voit s’affronter les partisans d’une position rigide et les collaborationnistes prêts à pactiser avec REM. Quant au Front national, il ne connait pas le succès escompté et ses députés se compteront sur les doigts de la main
LA TENTATIVE POUR DELEGITIMER LE SCRUTIN
Les perdants cherchent à délégitimer le scrutin en raison du nombre des abstentions.
Jean Christophe Cambadélis a tenté de théoriser cette contestation. Il a notamment déclaré : «Dans un monde instable, voire inflammable, notre démocratie ne peut se permettre d’être malade. Il n’est ni sain ni souhaitable qu’un président ayant rassemblé seulement 24 % des suffrages au premier tour de la présidentielle et qui a été élu au second tour par le seul rejet de l’extrême droite bénéficie du monopole de la représentation à l’Assemblée nationale. L’unanimisme est le terreau de l’aveuglement et le ferment des tensions.»

Cette critique ne peut être acceptée.
Lors de l’élection, le peuple exprime sa souveraineté à travers le mode de scrutin choisi. Les résultats qui se dégagent sont l’expression légitime de la souveraineté populaire.
S’il est légitime de réfléchir pour l’avenir à une modification du mode de scrutin, il n’est pas admissible de se plaindre des résultats qui découlent de la mise en œuvre de la loi électorale en vigueur au jour de l’élection.
La délégitimation rétroactive de l’opération électorale est une fantaisie juridique.
Charles DEBBASCH

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