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LA NOUVELLE REPUBLIQUE MACRONIENNE

Chaque Président de la Cinquième République a interprété à sa manière le jeu institutionnel. Emmanuel Macron n ‘échappe pas à la règle. Il infléchit les équilibres constitutionnels.
Le mécanisme de l’élection présidentielle avait été perverti. Alors que dans la conception gaullienne l’adhésion populaire directe primait sur toute autre considération, le choix du candidat à la présidence s’était progressivement englué dans les désignations partisanes.
Emmanuel Macron retourne aux sources du. Gaullisme : Il incarne la France dans son unité et recherche l’adhésion directe de la population. Libéré des contraintes partisanes le Président peut ainsi tracer sa route en toute liberté. La République des factions est écartée au bénéfice d’un mouvement populaire unitaire.
Le partage du pouvoir entre le président et le premier ministre est difficile à tracer. Le général de gaulle précisait lors de sa conférence de presse du 31 janvier 1964
« On ne saurait accepter qu’une dyarchie existât au sommet. Mais justement, il n’en est rien. En effet, le président (…) est évidemment seul à détenir et à déléguer l’autorité de l’Etat. » Mais le chef delà France libre marquait de façon préférentielle son empreinte sur le domaine réservé.
Après lui l’équilibre s’est ensuite établi en faveur d’un partage vertical des fonctions ; Le premier ministre est sous la dépendance hiérarchique du président.
En fonction des personnalités l’interventionnisme du président est plus ou moins grand ; Nicolas Sarkozy transformait le premier ministre en une sorte de chef de cabinet. La décision d’Emmanuel Macron de réunir le Congrès à la veille du discours de politique générale d’Edouard Philippe, a été perçue par l’opposition comme un camouflet pour le Premier ministre Le président du groupe Nouvelle Gauche (PS), Olivier Faure, a parlé d’une « humiliation » pour le Premier ministre. « Jusqu’ici nous avions avec le général De Gaulle un Premier ministre qui dirigeait le gouvernement », « avec Nicolas Sarkozy nous avons eu un Premier ministre qui est devenu son collaborateur », « cette fois-ci on observe que ça pourrait devenir, un simple répétiteur ».
Cette prise en mains de l’appareil gouvernemental par le chef de l’Etat est d’autant plus marquée que la taille des cabinets sur lesquels peuvent s’appuyer les ministres a été revue drastiquement à la baisse
. Il s’agit d’éviter le renforcement des lobbys administratifs qui peuvent être tentés de s’accaparer tout ou partie du pouvoir exécutif. Emmanuel Macron a également affirmé sa préférence pour une accentuation du spoil system dont les dernières semaines du mandat de François Hollande ont été une sorte de laboratoire vivant.
Le même souci de renforcer le pouvoir présidentiel se retrouve dans les rapports avec l’assemblée nationale. La domination du mouvement présidentiel sur l’assemblée n’a pas empêché le président de la république d’avoir recours à la procédure de la loi d’habilitation et aux ordonnances pour faire passer la réforme la plus controversée du droit du travail
Il est vrai que la maîtrise du pouvoir sur le mouvement en marche est loin d’être assurée. Une concurrence s’est installée entre les partis politiques classiques qui tentent de survivre à la captation marconienne et En Marche qui cherche à devenir un parti.
La philosophie du pouvoir d’Emmanuel Macron commence à se heurter aux réalités.

Charles Debbasch

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