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LE CREDO EUTOPEEN D’EMMANUEL MACRON

L’histoire retiendra qu’en ce début du 21e siècle l’Europe était ; gagnée par le scepticisme. croissant. On lui reprochait d’avoir sombré dans le désordre bureaucratique, de ne plus incarner l’espérance d’une communauté de vie et de destin, d’avoir détruit les nations en favorisant les tentations fédérales. Il était dès lors politiquement payant d’appeler les électeurs à sanctionner par leurs votes les partis pro européens.
– Emmanuel Macron a dévoilé dans un discours à la Sorbonne le27septembre 2017 son projet pour « refonder » l’Europe.
« Face au scepticisme, au rejet de l’Europe parfois, nous ne devons pas être timides mais au contraire proposer et agir pour changer en profondeur l’Europe, qui est notre seule chance de peser face aux grands défis – sécurité, terrorisme, migrations, développement, changement climatique, révolution numérique, régulation de la mondialisation.
Dès la campagne présidentielle, Emmanuel Macron l’avait annoncé : S’il était élu : il ouvrirait une « nouvelle page » de l’Union européenne Emmanuel Macron a dévoilé plusieurs « mesures emblématiques » et « concrètes », destinées selon l’Elysée à « lancer le débat » au niveau européen « avant la fin de l’année ».
Le chef de l’État souhaite que la France et l’Allemagne signent un accord le 22 janvier prochain pour renforcer la coopération entre les deux pays. Il suggère que les deux puissances . intègrent totalement leurs marchés en appliquant les mêmes règles à leurs entreprises.
Emmanuel Macron souhaiter que le parlement européen vote le budget de l’Europe. Les ressources de ce budget pourraient venir de la taxation du secteur du numérique, de taxes environnementales et, un jour d’un impôt, par exemple l’impôt sur les sociétés une fois l’harmonisation achevé.
Le président veut également dès le mois de novembre prochain une discussion pour déterminer un salaire minimum européen, et des niveaux de cotisations sociales moins disparates.
Le chef de l’État souhaite que la moitié d’une classe d’âge puisse passer au moins six mois dans un autre pays européen, qu’il s’agisse d’étudiants ou d’apprentis. Il propose d’élargir le système aux lycées en installant « un processus d’harmonisation ou de reconnaissance des diplômes permettant les échanges dans tout le système secondaire européen. » Enfin, il propose la création d’une vingtaine d’universités européennes, qui délivreraient des diplômes à l’échelle de l’Union.
Emmanuel Macron souhaite construire l’Europe de la défense «Au début de la prochaine décennie, l’Europe devra être dotée d’une force commune d’intervention, d’un budget de défense commun, et d’une doctrine de défense commune pour agir».

Pour faire face à la crise des migrants, « principal défi » de l’Europe, Emmanuel Macron préconise de « créer un véritable office européen de l’asile » et une « police des frontières européennes ». Il souhaite que les fichiers soient « connectés » entre les services des partenaires européens, afin d’accélérer l’examen des demandes d’asile. Il propose également le « financement d’un large programme de formation pour les réfugiés ». Enfin, Emmanuel Macron souhaite « relancer la taxe sur les transactions financières européennes » pour financer la politique de développement, notamment en direction de l’Afrique.
Le chef de l’État souhaite réformer la politique agricole commune pour « assurer la souveraineté alimentaire de l’Europe ». La nouvelle PAC devra « nous protéger face aux grands marché s mondiaux, laisser plus de flexibilité aux pays, mettre moins de bureaucratie ». Le Président souhaite également mettre en place une « force européenne de contrôle » pour garantir la sécurité alimentaire. L’amélioration des interconnections entre les pays européens sur les transports et la production d’énergie. Enfin, il appelle de ses vœux la mise en place d’une taxe carbone commune aux frontières de l’Europe numérique
Emmanuel Macron souhaite une taxation des géants du numérique sur la base du chiffre d’affaires réalisé dans chaque pays, et non plus en fonction des bénéfices perçus dans des Etats à faible fiscalité. Le chef de l’Etat a repris là la proposition défendue depuis plusieurs semaines par la France, qui veut pouvoir taxer plus efficacement les « Gaffa » (Google, Apple, Facebook et Amazon). Selon Emmanuel Macron, il s’agit de compenser les « désorganisations » et les « inégalités » induites par l’économie du numérique.
Afin de promouvoir l’élection européenne de 2019, Emmanuel Macron plaide pour l’introduction de « listes transnationales » pour l’élection des eurodéputés. Ces listes permettraient d’occuper les 73 sièges laissés vacants par les députés britanniques à Bruxelles, et constitueraient une réponse symbolique au Brexit. Emmanuel Macron voudrait voir de telles listes généralisées pour le scrutin suivant, avec une élection sur des listes transnationales pour la moitié du Parlement en 2025. Il prône également la réduction de 30 à 15 le nombre des commissaires européens, et propose que les pays fondateurs renoncent les premiers à leurs commissaires.
En matière de défense, notre objectif doit être la capacité d’action autonome de l’Europe, en complément de l’OTAN. Le socle de cette autonomie a été posé, avec des progrès historiques. Mais il nous faut aller plus loin. Ce qui manque le plus à l’Europe aujourd’hui, cette Europe de la Défense, c’est une culture stratégique commune.
« Pour créer ce rapprochement, nous avons besoin d’un changement profond. Je propose ainsi à nos partenaires d’accueillir dans nos armées nationales – et j’ouvre cette initiative dans les armées françaises – des militaires venant de tous les pays européens volontaires pour participer, le plus en amont possible, à nos travaux d’anticipation, de renseignement, de planification et de soutien aux opérations. Au début de la prochaine décennie, l’Europe devra ainsi être dotée d’une Force commune d’intervention, d’un budget de défense commun et d’une doctrine commune pour agir. »
Cette brillante intervention d’Emmanuel Macron réinjecte de l’espoir en Europe Mais ces importantes mesures de renforcement de l’Europe n’auront de chance de s’imposer que si l’Allemagne se joint au mouvement. Or les dernières élections allemandes ont renforcé le scepticisme européen.
L’avenir dira si la force de l’idéalisme européen du président Macron arrivera à inverser la tendance.
Charles Debbasch

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